UNE SAISON COMPLETEMENT INEDITE
Nous voici début septembre et la vendange est déjà rentrée !
Cette année, la vigne a démarré très vite, le débourrement (sortie des bourgeons) est précoce autour du 15 mars.
Il fait beau, les nuits sont claires, le rayonnement thermique fait baisser la température jusqu’à l’aube. Le résultat ? Des gelées printanières fin mars détruisent environ un tiers de nos bourgeons.
Puis, une belle montre sur les bourgeons indemnes et une jolie structure des grappes nous redonnent espoir en une belle récolte.
Fin mai la vigne est déjà en fleur mais une floraison en mai n’est jamais bon signe, elle ne s’effectue pas pleinement et les grains sont tout petits.
La sécheresse s’installe, les vignes ne souffrent pas trop grâce à leur enracinement dans la craie.
Mais la sécheresse se prolonge et les canicules s’enchainent. La vigne se rationne et ne fait pas grossir les baies pour conserver de l’eau pour ses feuilles.
Le feuillage reste bien actif, la maturité s’accélère. Le peu de récolte et les fortes chaleurs font que les degrés s’affolent.
La maturité de gout est rapidement atteinte mais avec des degrés très élevés pour la Champagne.
Nous commençons la vendange le 20 aout, les jus dépassent les 13° !
Les grappes sont petites mais les grains de chardonnay sont parfaitement dorés. A la dégustation des baies, une belle fraicheur vient équilibrer les niveaux incroyables de sucre. C’est la magie de la craie de la Côte des Blancs !
Nous cueillons les dernières parcelles de chardonnay sur les terroirs les plus froids qui ont moins souffert du soleil avec des degrés autour de 12°.
Le 27 aout, nous terminons par les pinots noirs parfaitement murs et sains pour notre Rosé de Saignée. Nous n’avons pratiquement rien à enlever sur la table de tri !
Puis nous attendons le 31 aout pour cueillir notre vieille vigne pour le Vertus Rouge : des magnifiques pinots hyper concentrés !
Les fermentations spontanées ont démarré rapidement, la population de levures semble adaptée à ce millésime chaud. Depuis 1999, pour chaque récolte, nous sommes heureux de constater l’efficacité des levures indigènes.
Cette année est complètement atypique par rapport à tous les millésimes que nous avons rentrés depuis 40 ans. Est-ce que cette saison sera la nouvelle norme dorénavant ?
Nous étions surpris de commencer en aout en 2018.
Cette année, nous terminons en aout ! Nous aurions volontiers parié que cela était impossible ne serait-ce que 6 mois en arrière…
Comment sera ce millésime 2026 ?
Petites quantités comme en 2003, sécheresse comme en 1976, comparaison n’est pas raison mais nous espérons que la belle richesse de ce millésime se rapprochera des grands millésimes chauds tel 1959 que peu d’entre nous ont eu la chance de gouter. Alors patientons encore quelques années pour déguster ce millésime 2026 !
Bien à vous,
Sophie, Pierre, Georges et Arthur
